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Politique de Santé : arrêtons de faire l’autruche

Par Olivier le 6 octobre 2003

Trouvera-t-on un jour un gouvernement assez courageux pour s’attaquer aux vrais raisons des dérapages budgétaires de l’Assurance Maladie ?

Le gouvernement Raffarin s’attaque à la réforme de l’assurance maladie et il est grands temps. Apparemment, la question ne se pose guère en terme de santé mais surtout de finances, la logique comptable prime : il faut résorber le déficit ! La question financière serait le seul problème de la Sécurité sociale et l’objectif est de faire des économies (vraies ou fausses), tout en développant cette grosse machine économique qu’est le système de soins, à coup de surenchère technologique. Cela se traduit donc par des mesures comptables (déremboursement de certains médicaments par exemple) et des projets de rationalisation et d’investissements dans le domaine médical (fermeture des maternités de proximité, « plan d’urgence » pour les urgences...).

Finalement, on s’aperçoit que, encore une fois, on s’attaque aux symptômes mais non pas aux causes réelles de ces dérapages budgétaires. Comme si aucun ministre de la Santé n’osait aborder les vrais problèmes et remettre en cause en profondeur une société qui génère elle-même ses propres maux. La vraie question n’est-elle pas de se demander pourquoi les Français ont de plus en plus recourt au système de santé, synonyme de dérapage budgétaire ?

Sans revendiquer l’exhaustivité, plusieurs réponses pourraient être apportées à cette interrogation :

- Le vieillissement démographique induit automatiquement une hausse des consultations et des interventions médicales et ce phénomène n’a guère été anticipé dans les politiques de prévention et de médecine de proximité. Par exemple, vaut-il mieux, au regard de ce qui s’est passé cet été, augmenter le nombre de lits dans les services d’urgence pour accueillir les personnes âgées déshydratées ou leur apprendre à boire suffisamment, les suivre plus régulièrement chez elles, recréer du lien social ? Ainsi, en l’absence de prévention, de politique d’éducation à la santé, nos aînés ont un recourt systèmatique (et parfois trop tard) à la médecine classique curative avec une consommation effarante de médicaments plus ou moins nécessaires (selon une logique « un mal = un ou plusieurs médicaments », seuls moyens de le soulager). Ce recourt systématique est par ailleurs encouragé par le fait que n’est remboursée que la médecine « classique » et qu’il est donc difficile d’envoyer nos aînés, souvent près de leurs sous, vers les médecines « douces » qui pour certaines pourraient être plus efficaces et moins dispendieuses.

- La surenchère technologique entraîne la concentration hospitalière et la rationalisation théorique des soins, si bien que la médecine de proximité (hormis le médecin généraliste), plus préventive,n’existe guère plus. Or la santé n’est pas qu’une affaire de technologie et quand on a maintenant recourt aux services médicaux, c’est que le mal est déjà là ! Quid de l’accès aux politiques de prévention quand tout le milieu médical est concentré dans les grandes agglomérations ? Et quid des surcoûts engendrés par le recours aux spécialistes hors de prix, aux nuits d’hospitalisation car on est trop loin de chez soi pour rentrer le soir par exemple ?

- Notre mode de vie n’est souvent pas un modèle d’équilibre : conditions de travail, mauvaise alimentation et stress nous fragilisent insidieusement et il est souvent difficile de changer nos habitudes, de déconnecter du rythme ambiant et de rétablir un bon équilibre alimentaire, surtout quand on ne vous a jamais éduqué sur le sujet. Cette éduction devrait commencer à l’école mais également venir des parents, qui sont pour l’instant bien incapables de l’appliquer à eux-mêmes. Etre à l’écoute de son corps, apprendre les bonnes postures, équilibrer son alimentation, emmener ses enfants à pied à l’école et non pas en voiture (quel modèle !)... le champs éducatif en ce domaine est vaste, il s’agit juste d’en faire une priorité. Evidemment pour certains gouvernements, c’est moins porteur que l’esprit d’entreprise (où comment passer sa vie à courir après l’argent) ou la valeur du travail (« travailler plus pour gagner plus »).

- Enfin, la dégradation de notre environnement a un impact immédiat sur notre santé, à commencer par l’air que nous respirons et la nourriture que nous ingurgitons : augmentation du nombre de bronchiolite chez les nourrissons, des allergies, de l’asthme, du diabète, de l’obésité... Il a par exemple été beaucoup question de la canicule cet été pour expliquer la surmortalité, mais très peu des pics d’ozones dues à la circulation automobile sans cesse croissante. Il n’y a pas de politique de santé environnementale, ni bilan, ni effets mesurés et hormis des phrases ronflantes sur le développement durable, rien d’envergure n’est vraiment mis en oeuvre. Ce serait même l’inverse qui est en train de se produire : baisse du budget de l’ADEME, diminution drastique des crédits destinés à encourager les collectivités dans leurs politiques en faveur des vélos et des transports collectifs, mettant à ma lde nombreux projets de tramway par exemple... les conséquences en terme de santé ne sont guère mesurées.

Finalement, on le voit, le débat actuel sur notre politique de santé, devrait être élargi à un champ beaucoup plus vaste, en premier chef l’éducation et l’environnement. Or ce n’est guère le cas, le Gouvernement va accoucher d’une réformette qui va sûrement faire mal à nos porte-monnaies (ne vous plaignez pas, les împots directs baissent !) mais ne va sûrement pas soigner les causes réelles de nos maux.

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> Politique de Santé : arrêtons de faire l’autruche
8 octobre 2003 à 16h59, par cedric

Plutôt que de faire des reformettes, le gouvernement devrait tout simplement aller jusqu’au bout de ses idées : supprimer purement et simplement la sécurité sociale...
Et là du coup plus de déficit béhant et plus de problèmes avec Bruxelle. Ca fera également ça de moins sur nos feuilles d’impot. Le seul hic réside peut-être dans la hausse des tarifs des mutuelles (qui de toute façon sont déjà en train d’augmenter).

Une autre solution serait aussi d’appliquer à la population la même mesure qu’aux produits alimentaires : une date limite de consommation. Et là le gouvernement fait d’une pierre 3 coups :
- il règle le problème de l’euthanasie puisque celle ci sera obligatoire à partir d’un certain âge,
- il règle le problème des retraites (il n’y aura plus de retraités),
- il bouche le trou de la sécu (c’est bien connu, ce sont les vieux qui consomment le plus de médicaments).

Trève de plaisanterie, comme le dit Olivier, plutôt que de jouer avec notre santé, nos chers politiques de tous bords devraient plutôt s’occuper de faire un peu plus de prévention par le développement de politiques et actions respecteuses de notre environnement. La diminution de la pollution, le recyclage, les déplacements "propres", etc. sont autant d’axes à développer même s’ils ne sont, à première vue, pas forcément rentables aux yeux de nos dirigeants et des grands lobby du pétrole, de l’automobile, de l’agro-alimentaire, pharmaceutiques, etc.

Mais comme malheureusement aujourd’hui seul l’argent et le profit des actionnaires compte, je vous laisse le soin de deviner vers où vont s’orienter les futures actions gouvernementales...

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